La métamorphose du regard

Toxic / La métamorphose du regard

 

En ce qui a trait à notre vision du monde, le reset est avant tout une question de regard, d’angle, d’éclairage. Voir autrement les choses, c’est d’abord apprendre à multiplier les points de vue. En modifiant sa position par rapport à un objet, une nouvelle, une personne, on réinitialise la relation qu’on entretient avec cet objet et on en déjoue la toxicité.

Toxic / La métamorphose du regard propose une modification de points de vue successifs, de sorte que le sujet regardant ne se limite pas à une vision unidimensionnelle du réel. Par la création d’un objet sculpté, puis par sa médiatisation photographique démultipliée, le sujet-spectateur comprend l’écart qui existe entre une réalité, son traitement et la perception qui en découle. Au lieu de se satisfaire d’une seule et unique interprétation qui confirme ses croyances, le sujet garde ici en tête la multiplicité des interprétations possibles.

C’est par sa capacité à entrevoir la réalité sous plusieurs formes que l’individu opère un reset, que son unicité prend son sens puisqu’elle devient le lieu d’une éventuelle synthèse, d’un travail distinctif d’interprétation du réel qui, lui, s’oppose à une pure et simple adhésion aux idées reçues.

Autrement dit, il faut plusieurs clichés pour pouvoir sortir du cliché, du manichéisme; pour effectuer le reset du regard et redevenir agissant dans sa relation à l’autre et au monde et contrer la toxicité de l’information.

Pour contrer la toxicité d’une information, il nous faut développer des anticorps et s’exposer à d’autres sources d’information. C’est de ce regard synthèse et de cette stratégie de perception globale que peuvent naître le changement et la mise en échec du virus de l’uniformisation de la pensée et du politique.

Cette multiplicité de points de vue, n’est-ce pas là la liberté fondamentale du sujet? Une liberté menacée aujourd’hui par un impérieux besoin de certitudes et le réflexe pour chaque être humain de réduire le nombre de données à traiter alors que notre rapport au monde vacille et devient de plus en plus anxiogène. La peur, le repli sur soi, la perte de perspective prendraient-ils le dessus sur l’ouverture, le désir? N’est-ce pas cette contamination-là qui nous guette?

Texte de Jérôme Langevin. (version longue)
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